Journal d'un futur chien guide

 L'histoire de Belem

Découvrez le journal d'un chien guide... pour vivre de "l'intérieur" la formidable aventure de sa formation et de sa rencontre avec Khadija sa future maîtresse...

De son séjour en famille d'accueil à ses premiers pas avec sa maîtresse, Belem vous raconte tout... à travers les mots de Patricia sa famille d'accueil, Stéphane son éducateur et Khadija qui a voulu vous communiquer ainsi la formidable expérience qu'elle vit avec son chien guide.

fleche PM Album photos de Bélem

Belem et sa maitresse

   Bélem en famille d'accueil

Ouah, ouah (bonjour) ! C'est moi, Belem! Je suis né le 21 juillet 2006. On m'a dit que je suis un chiot labrador croisé golden, de couleur sable. Mais, pour moi, ça ne change rien, ce qui compte c'est de m'amuser et que ma gamelle soit bien remplie!  Le 13 septembre j'ai quitté ma maman et, avec mes frères et soeurs, nous sommes partis pour l'école des Chiens Guides. C'était très impressionnant mais avons retrouvé nos grandes soeurs qui sont en éducation. Tous les jours des stagiaires sont venus s'occuper de nous: nous sortir, jouer avec nous et surtout préparer nos repas. Les éducateurs nous faisaient faire des petits exercices amusants, ils appelaient ça des tests. Pour nous reconnaitre plus facilement ils nous ont mis des colliers de couleur, le mien est rouge.

Belem chiot beige avec des oreilles plus foncées

Dans la nurserie

avec ses frères et soeurs
avec ses frères et soeurs

Dans ma famille

Belem sur le dos dans sa corbeille

Un peu plus tard, je suis arrivé dans une nouvelle maison, à Chaville. D'abord, j'ai fait le tour de l'appartement: j'ai découvert un panier super confortable! Il est pas mal, mais j'aime bien aussi le tapis du salon. Tiens, je vais faire pipi dessus... Oh, là, là!!! Mes maîtres n'ont pas l'air contents du tout!

Maintenant, c'est l'heure de manger. Miam, miam! Oh les bonnes croquettes! Et, en plus, la gamelle est pour moi tout seul, je n'ai pas à la partager avec mes frères et soeurs! Là, c'est l'heure de la sieste bien méritée, après toutes ces émotions...

Je n'ai pas très envie de sortir: apparemment, je n'ai pas le choix: bon, j'y vais quand même. De retour à l'appartement, je vais enfin pouvoir me soulager: j'ai déjà testé le tapis du salon, je peux peut-être essayer le tapis de la cuisine! Oh, là, là!!! Là non plus, ça n'a pas l'air de plaire! Et en plus, on me traîne dehors illico presto! Quelle vie de chien!

Je découvre mon nouvel univers. Aujourd'hui, mes maîtres m'emmènent en forêt. J'ai rencontré des copains, mais pourquoi ils ne veulent pas tous jouer avec moi ? Je peux aussi courir dans les grandes herbes et creuser les taupinières: c'est trop drôle! Enfin, on fait demi-tour: c'est pas trop tôt, je commençais à être fatigué... Heureusement, je connais le chemin, alors je ramène mes maîtres à la maison: ils sont tout étonnés de mon sens de l'orientation!

Belem et son nouveau copain

Oups, j'ai une envie pressante! Je vais aller dans mon panier: espérons qu'ils ne s'en apercevront pas! Oh, là, là!!! C'est pas la joie! Bon, je crois que je n'ai plus le choix: je vais devoir faire l'effort d'aller dehors la prochaine fois...

Belem à la mer!

drôle de goût cette eau!
Brrrr, c

A la Toussaint, j'ai découvert la mer. Je suis allé à Saint-Malo: c'est bien le moins que puissent faire mes maîtres car n'ai-je pas le nom d'un trois-mâts ? En plus, ma maîtresse est malouine! On s'est bien trouvé, n'est-ce pas ? Je m'en suis donné à coeur joie: j'ai couru sur la plage, j'ai creusé un trou dans le sable... J'ai voulu emprunter une pelle à des enfants pour creuser: ça aurait été plus facile, mais j'ai dû la rendre! Tant pis: j'y suis allé avec les pattes! Qu'est-ce que c'est bien! Les vagues, c'est amusant. Au début, cela me faisait un peu peur. Et puis, j'ai réussi à boire un peu d'eau: ce n'est pas très bon, quel drôle de goût! Ensuite, j'ai vu un maître lancer une pierre à son labrador dans l'eau, en lui donnant l'ordre " cherche ". Alors, comme je connais cet ordre, je suis allé dans la mer avec l'autre chien et je suis revenu à la nage, sans boire la tasse. L'eau est bien fraîche à cette saison!

Mon apprentissage

Comme j'ai une excellente mémoire, j'apprends vite. Voici ce que je sais faire à l'âge de 6 mois:

Les besoins au caniveau. Le début a été un peu difficile car je préférais faire mes besoins dans l'appartement... Ma maîtresse me sortait beaucoup, mais je ne faisais pas dehors. Je ne vous raconte pas la tête de mes maîtres! Petit à petit, j'ai compris que c'était plus confortable de faire dehors (félicitations, caresses...). Puis, ma maîtresse m'a appris à faire au caniveau. Aujourd'hui, dans la rue, je vais de moi-même au caniveau et même dans la forêt, je fais mes besoins dans les fossés ou sur les côtés des chemins.

Belem assis dans sa corbeille

" Va à ta place! " ou " ta place! " Alors là, c'est super facile! Je connais cet ordre depuis le 1er jour dans ma famille d'accueil, voire avant! J'y vais quand mes maîtres me le demandent *, quand j'ai envie d'être tranquille ou pour dormir (sauf, quand je dors sur le tapis de la salle à manger!). Si je n'obtempère pas immédiatement, mes maîtres m'y emmènent manu militari . Je suis vexé quand je me fais gronder, alors je préfère obéir et aller de moi-même à ma place.

Belem assis devant sa gamelle

Le rituel de la gamelle. Le rituel de la gamelle - que je ne connaissais pas quand je suis arrivé dans ma famille d'accueil - c'est attendre à sa place, jusqu'à l'appel du maître, puis s'asseoir et manger après un sifflement et l'ordre " prends ". Comme je suis assez gourmand (eh oui, j'ai des origines " labrador "...), j'ai rapidement intégré que si je me jetais sur la gamelle, ma maîtresse la soulevait: pas pratique pour manger! et surtout, il faut attendre encore plus longtemps!

Je sais aussi faire :

  • au pied,
  • assis,
  • couché.

au pieds
assis
couché
Belem à sa place dans la voiture

J'ai aussi appris plein d'autres choses comme prendre les transports en commun, accompagner mes maîtres au marché ou en vacances.

Les trajets en voiture, j'adore! Mais attention pas question de monter sur la banquette...

L'école

Une fois par mois, ma famille d'accueil m'emmène à l'école pour faire le point sur ce que j'ai appris et sur les ordres à travailler dans le mois suivant.C'est l'occasion de voir mes frères et soeurs. Nous avons surtout envie de jouer ensemble, mais nous sommes là avant tout pour apprendre notre futur métier...

Belem et son collier Halti
réunion de familles d accueil

Nous voici en train d'écouter les consignes du Directeur. C'est ma maîtresse qui a pris la photo, il a donc fallu me prêter une autre "famille".Je suis à droite, celui qui porte un collier Halti, ne me confondez pas avec le reste de la famille!

Le Halti c'est juste un collier qui permet de me diriger par la tête, et plus particulièrement par le museau (un peu comme les chevaux avec leur licol). On apprend ainsi à marcher sans tirer et à ne pas renifler par terre. Quand on va être chien guide il vaut mieux regarder où l'on va...

La détente.

 Pour me socialiser avec les autres chiens et me permettre de me détendre, nous allons au moins 1 fois par jour en forêt. Je vous joins quelques photos de moi cet automne: j'avais 4 mois. Je dois avouer que c'est la partie de mon éducation que je préfère.

De temps en temps, nous y allons avec ma copine préférée: Appie! C'est une chienne golden retriever d'environ 1 an.

Qu'est-ce que je suis content quand je la vois! Je la vois régulièrement parce qu'elle habite en face. On adore se rouler par terre et se mordiller. Je peux lui tirer les oreilles: c'est super!

Belem et Appie
Belem en forêt

J'adore dormir au soleil, surtout après avoir mangé. Je rêve souvent: mes moustaches et mes pattes bougent, puis après j'émets des sons qui ressemblent à des aboiements étouffés.

Cela fait beaucoup rire mes maîtres!

Belem dort sur le balcon

Mes soins de beauté

Le brossage quotidien: Tout le monde dit que j'ai le poil très doux! C'est vrai, mais à la condition de l'entretenir. C'est pourquoi, ma maîtresse me brosse tous les jours. Dans le cou, c'est mon endroit préféré!

la douche
Un petit coup de brosse

Belem à l'école

Belem et Stéphane

Le 13 août , j'ai fait ma rentrée à l'école.

Ne croyez pas que j'étais triste de quitter ma famille d'accueil! A l'école, c'est cool: il y a des copains pour jouer et puis, les éducateurs nous font faire des exercices. Pas le temps de s'ennuyer!

Comme les "grands" j'ai changé de costume de travail et enfilé le harnais. Regardez comme j'ai fière allure!Les trois week-ends suivants je suis retourné dans ma famille d'accueil. J'étais également content de la revoir!

J'ai profité des week-ends pour me reposer et dormir... Ma famille d'accueil est fière de moi car elle est convaincue que je vais devenir un excellent chien guide d'aveugle et un adorable compagnon pour mon futur maître.

Maîtresse, je te remercie pour ta patience et tes calins. Je ne t'oublirai jamais, nous avons partagé tant de choses ensemble.

Les premiers mois

Au cours des détentes dans le bois et des jeux qu'il me proposait, mon éducateur, Stéphane, a pu se rendre compte de ce que je savais déjà faire. Petit à petit il rajoute des exercices pour que j'apprenne de nouvelles choses.

Le rappel : La détente (ou si vous préférez la promenade dans le bois) c'est un moment super. J'y vais avec les autres chiens dont s'occupe Stéphane et parfois aussi avec d'autres éducateurs et leurs chiens. Nous sommes tous lâchés, quelle joyeuse pagaille! Quand Stéphane siffle je dois revenir tout de suite au pied. Ce n'est pas facile car souvent les autres continuent de s'amuser. Mais lorsque j'ai obéi j'ai une petite récompense ou une grosse caresse et je sais que je les retrouverai plus tard.
J'apprend aussi à bien me positionner, assis, toujours à gauche et contre mon maître. Si je reste à distance devant lui, il ne pourra pas savoir que je suis là...

Rapporter un objet :

 J'aime bien courir derrière le jouet que me lance Stéphane, j'ai déjà appris à rapporter mais maintenant il faut que je le lui donne bien dans la main et que je le lâche lorsqu'il me le demande.

Encore un exercice important pour mon futur " métier ". Si je pose le jouet par terre devant mon maître il ne le trouvera pas et on m'a bien expliqué que la position à quatre pattes m'est réservée. Je pourrai ainsi jouer avec lui mais aussi rapporter des objets qu'il aura égaré ou fait tomber.

Stéphane lance
Belem l a rapporté il est félicité

Les positions : Assis, couché, debout. J'ai déjà appris tous ces mots avec ma famille d'accueil, je connais aussi un peu les gestes associés à la voix. Stéphane me fait travailler aussi sans la voix, uniquement avec les gestes, et plus difficile: à distance. Je dois obéir " au doigt et à la voix " et cela m'oblige à être toujours attentif à ce qu'il fait. Je pourrai ainsi plus facilement communiquer avec lui lorsque je le guiderai et qu'il y aura un obstacle sur le trajet.

signe assis
signe couché
signe reste

La marche au pied : En laisse, je marche à côté de Stéphane, toujours du côté gauche, sans tirer et je fais attention aux changements de direction et de rythme.

Quand je partirai avec mon maître pendant le week-end avant la remise ce sera plus agréable pour lui.

Je marche aussi au pied sans laisse pour rester auprès de mon maître même en liberté. En détente il peut y avoir des endroits où il ne voudra pas que j'aille. Une belle mare boueuse par exemple ou un endroit très sale

marche au pieds

"Reste" et" ta place" : Il s'agit de rester au même endroit indiqué par Stéphane malgré tout un tas de distractions (mes copains qui passent ou qui jouent devant moi, des oiseaux et même un chat!). Au début Stéphane est tout près puis il s'éloigne et peut même disparaître. Pas question d'en profiter, il reviendra!

Belem est à sa place
reste! Stéphane tire sur la laisse mais Belem ne bouge pas

Plus tard il faudra que je sois très patient en présence de mon maître comme en son absence. Pour une réunion je pourrai rester à côté de lui mais dans d'autres circonstances il faudra que je reste seul quelques instants.

Le caniveau : En ville je dois faire mes besoins dans le caniveau. Le plus souvent c'est Stéphane me le propose mais si j'ai un besoin urgent je sais le lui faire comprendre.

Quoiqu'il en soit pas question de s'y précipiter cela pourrait être dangereux, j'attends donc au bord du trottoir l'autorisation de descendre sur la route.

Belem est assis devant le caniveau

 Pas question non plus de lever la patte, les passants risqueraient de ne pas apprécier...

Belem fait ses besoins dans le caniveau

Mes études

Je commence à apprendre à guider

Les lignes : C'est le mot qui indique les bandes blanches des passages piétons. Je le connais déjà puisqu'avec ma famille j'ai appris à m'asseoir au bord du trottoir devant " les lignes ".

Maintenant je porte le harnais et il faut que j'emmène Stéphane jusqu'aux lignes, que je m'arrête sans qu'il me le demande et que j'attende qu'il décide du moment opportun pour traverser et m'indique la direction à suivre.

Une traversée de route...

En arrivant au carrefour Stéphane me demande "les lignes à droite" ou "les lignes à gauche" ou "les lignes devant" et c'est à moi de l'emmener en face du bon passage. Je m'assoie au bord du trottoir et j'attends son ordre pour traverser. S'il y a une voiture garée (bien que ce soit interdit cela arrive assez souvent!) il faudra que je la contourne et qu'ensuite je retourne sur les lignes pour bien les suivre jusqu'au trottoir d'en face. Ce n'est pas si simple avec les traversées avec les "lignes" décalées, les couloirs de bus à contre sens, le tram au milieu, etc...

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Les recherches :

C'est comme un jeu par contre ce n'est plus un jouet qu'il faut chercher mais un lieu.

Pour "le siège" je pose ma tête à l'endroit où Stéphane pourra s'asseoir. De cette façon il saura exactement où se situe la place libre. Pas question de poser la tête sur les genoux de quelqu'un pour demander une caresse même si c'est bien tentant...

Je suis aussi capable d'emmener Stéphane à un arrêt de bus: le "poteau" ou "le siège" s'il s'agit d'un abris bus.

Nous partons souvent en ville dans des lieux toujours différents.

Belem indique le siège

Les obstacles : Je dois faire éviter à mon maître tout ce qui risque de le faire tomber ou de le blesser s'il se cogne dessus. Dans une ville il y a beaucoup d'obstacles: des objets comme des poubelles et les panneaux publicitaires déposés sur les trottoirs, les feux de signalisations, les tables chaises et parasols devant les cafés mais aussi les vélos et motos qui se garent n'importe où, etc... Il y a aussi les passants qui ne regardent pas toujours où ils vont...  

Au début Stéphane m'a fait travailler sur la piste de l'école. Elle est amusante cette piste, pleine de tuyaux, panneaux en hauteur et trous au sol, car elle change tout le temps. Chaque jour le parcours est différent ce qui m'oblige à réfléchir et à envisager de nouvelles solutions. C'est pour éviter le conditionnement. En effet si le parcours était toujours le même après plusieurs passages je pourrais le faire "les yeux fermés".
Ensuite Stéphane a emmené ces obstacles avec lesquels j'ai appris à l'extérieur, devant l'école puis sur les trottoirs en ville.

Belem assis devant la porte fermée

Maintenant lorsque je rencontre un obstacle naturel je sais comment faire:
- Si je peux le lui faire éviter je le contourne sans m'arrêter.
- Si le passage est complètement bouché ou si j'estime qu'il est trop étroit pour nous deux je le "marque" en m'asseyant ou en me couchant.
Stéphane va identifier l'obstacle avec sa main ou son pied et suivant le cas il me demandera de le franchir ("va") ou de faire "demi-tour" pour chercher un autre chemin. Pour lui faire faire demi-tour je tourne toujours à droite pour passer devant lui car si je tournai à gauche en étant par exemple devant la bordure du trottoir il risquerait de tomber sur la route.

Les obstacles au sol: Par exemple des tuyaux qu'il faudra que je les contourne par la gauche, par la droite ou que je passe au milieu. Il faut toujours que je pense à laisser suffisamment de place pour mon maître lorsque je contourne un obstacle par la droite. S'il n'y a pas de passage je me couche. Lorsque Stéphane me dit "va" je me relève et je mets deux pattes de l'autre côté ensuite j'attends "va" pour passer les deux pattes arrière puis au troisième "va" je peux continuer mon chemin.

Le vide: Attention danger! Je me bloque, je me couche et je refuse d'obéir si mon maître me demande d'avancer. Imaginez ce qui pourrait arriver sur le quai d'une gare, ou lorsqu'il y a des travaux mal protégés.

belem se couche devant un trou

Les passages étroits: Dès que c'est moins large qu'une porte je dois le signaler. Lorsque c'est un peu juste, je ralenti et me décale un peu pour que nous puissions passer tous les deux. Si l'espace est insuffisant je dois contourner l'obstacle. Par exemple une voiture est garée sur le trottoir et nous ne pouvons pas passer entre le mur et elle: je conduis Stéphane devant le caniveau, je m'assoie et j'attends "va" pour descendre sur la chaussée, je contourne la voiture et reprend aussitôt le trottoir en lui indiquant bien sûr la bordure de trottoir puis nous poursuivons notre chemin. Vous comprenez bien que parfois il vaut mieux se serrer un peu et essayer de passer quand même plutôt que marcher sur la route...

Les obstacles en hauteur: Il y en a beaucoup comme les barrières à l'entrée des parc, les tables, les parasols, les échelles, les panneaux qui dépassent du mur,... sous lesquels je peux passer lorsque je suis seul. Avec Stéphane je dois faire très attention c'est pour cela que je dois marcher la tête bien haute et non pas le nez au sol.

Les personnes: Pas facile car ces "obstacles" bougent, changent brusquement de direction, s'arrêtent sans prévenir! Le pire ce sont les marchés car en plus ils ont des gros paquets qu'ils secouent dans tous les sens et pas question de se laisser distraire par toutes les bonnes odeurs et les diverses choses appétissantes tombées au sol. J'ai appris à changer de rythme de marche avec l'ordre "doucement". C'est très utile lorsqu'il y a beaucoup de monde mais aussi lorsque le sol est gelé.

obstacle en hauteur sur la piste de l

Les escaliers: La première marche d'un escalier est un obstacle donc je la marque en m'asseyant puis avec l'ordre "va" je pose mes 2 pattes sur la marche suivante et j'attends pour continuer à avancer que Stéphane ait posé son pied dessus. Je sais aussi faire la différence entre l'escalier qui monte ("l'escalier") et celui qui descend ("la descente") et je refuse de prendre un escalator dans le mauvais sens.

Les parcours : Stéphane me fixe un objectif par exemple "cherche le métro" et il faut que je l'y conduise sans le mettre en danger. Je fais ainsi beaucoup de parcours différents où les obstacles sont naturels (rues plus ou moins encombrées) dans différents lieux plus ou moins fréquentés (marchés, gares,...) et avec de nombreuses distractions (autres animaux, odeurs alléchantes, enfants qui jouent...).

Le diplôme

Belem porte fièrement son diplôme

Mon carnet de travail est rempli, je sais parfaitement faire tous les exercices "au bandeau" sur un trajet connu. Je vous rassure quand je dit au bandeau c'est Stéphane qui porte le bandeau pas moi!

Je suis prêt à passer mon "Certificat d'aptitude au guidage".

 Une partie concerne l'obéissance (marche au pied avec ou sans laisse, rappel, rapport d'objet, positions, "ta place" et "reste") dans un lieu que nous ne connaissons pas. (Durée: 15 à 20 mn)

 L'autre du guidage sur un parcours inconnu avec évitements d'obstacles et recherches. (Durée: 45 mn)

Les paparazzis n'ont pas été invités: concentration oblige! Stéphane porte son bandeau pendant toute la durée de l'examen. L'examinateur nous suit, il donne à Stéphane les indications sur le chemin à suivre et note mon comportement et ma prise d'initiative devant les situations problématiques.


La rencontre

Premier contact

Le 12 décembre:  j'entends que Laurence, éducatrice, s'approche de mon box en compagnie d'une jeune femme et je distingue parfaitement ce qu'elles se disent. La dame dit qu'elle veut un petit chien, un chien de poche, qui marche assez vite et qui n'a pas peur des enfants... on dirait qu'elle parle de moi et c'est de l'avis de Laurence d'ailleurs qui lui répond "j'ai ce qu'il vous faut je pense!". Laurence me sort et fait les présentations. Comme je suis un peu timide je ne vais pas franchement vers la nouvelle venue. Pourtant elle a l'air sympa, elle me papouille, me gratouille avec une petite brosse dans le cou comme j'aime, elle me parle gentiment... mais qu'est-ce qu'elle me veut au fait cette gentille personne? Elle me met le harnais, et hop nous voilà partis dans les rues de Saint-Mandé. Je me retourne toutes les 2 secondes, bah oui, c'est la première fois que je me promène au harnais avec une autre personne que Stéphane ou un de ses collègues... C'est à moi de la guider et je dois faire de mon mieux même si je n'ai pas encore mon diplôme. Je lui montre tout ce que je sais faire, je marque tous les passages piétons, tous les obstacles, m'assieds avant de descendre dans le caniveau pour faire mes besoins, oui je faillotte!!! Je me retourne encore et encore et c'est toujours elle au bout du harnais! Ça sera elle ma nouvelle maîtresse, je ne sais pas, elle ne le sait pas elle-même je crois qu'elle doit rencontrer d'autres copains. Elle semble pourtant très contente de moi, de ma démarche, de ma physionomie, j'crois bien que je lui plais quand même. Elle me ramène à mon box, me dit que j'ai bien travaillé, et je l'entends dire à Laurence que pour l'instant c'est moi qu'elle préfère mais qu'elle aimerait bien voir un flat. Oups! Elle qui voulait un petit chien, moi je sais qu'elle ne prendra pas de flat, ils sont tous plus gros que moi, c'est presque gagné!

Khadija et Belem

Vendredi 21 décembre : Tiens, j'entends une voix que j'ai déjà entendu quelque part non loin de mon box... C'est Khadija, la dame aveugle de l'autre jour, chouette elle vient me revoir, son choix se précise on dirait! Elle est contente de me voir et moi aussi et je le lui montre un peu moins timidement que la dernière fois. On va se promener à nouveau. Je l'entends demander s'il lui serait possible de m'emmener en détente le mercredi suivant avec d'autres copains, mais Laurence lui dit qu'il est trop tôt, qu'on ne se connaît pas encore assez bien elle et moi, dommage!! Cette fois quand elle me ramène à mon box elle est sûre, c'est moi qu'elle veut, chouette! Je sais qu'il faut encore que je travaille pour avoir mon diplôme et je vais faire de mon mieux. Ma future maîtresse me caresse pour me dire au revoir et on prend rendez-vous pour le 31, chez elle.

Suspense...

Lundi 31 décembre : Je pars de l'école avec Laurence direction le 15e arrondissement de Paris. Nouveau quartier, nouvelles odeurs, c'est plutôt calme ici. On arrive à l'appartement de Khadija et là surprise! Elle me dit bonjour et me présente à la famille. Son conjoint qui me fait une petite papouille et ses enfants. Le plus grand est debout à côté de moi et Khadija lui montre comment il doit me caresser sans me faire mal. Le plus petit ne se tient pas debout tout seul, il va à 4 pattes comme moi et pourtant il ne me ressemble pas. Khadija le prend dans ses bras et pose sa petite main sur moi. Ils ont l'air gentils mais je reste un peu méfiant encore. Je fais le tour de l'appartement, il y a des peluches partout ici! De loin j'aperçois une pièce pleine de jouets. J'ai envie d'y aller mais Khadija me demande de revenir, interdit d'aller dans les chambres côté moquette...tant pis, je réessaierai une autre fois. Laurence propose à ma future maîtresse d'aller faire un tour dans le quartier. Les enfants me font une dernière caresse et hop c'est parti! On va de la maison de Khadija au tramway et je lui montre à nouveau toutes les choses que je sais faire. A l'arrêt du tramway, je lui indique même un siège. Elle me félicite et semble décidément très satisfaite de mon travail. De retour chez Khadija, on se sépare et je rentre à l'école avec Laurence. Cette fois c'est sûr, c'est elle qui sera ma maîtresse!

Mercredi 16 janvier :  Stéphane vient me sortir de mon box et arrivé dans le hall d'entrée de l'école, je vois Khadija qui m'attend. Je cours vers elle mais j'hésite. Mon éducateur est là, ma future maîtresse aussi, je ne sais plus trop comment je dois me comporter. On refait le trajet que j'avais déjà fait avec Laurence et Khadija dans Saint-Mandé et je montre à Stéphane que j'ai bien assimilé ce qu'il m'a appris. Stéphane trouve que nous allons bien ensemble Khadija et moi et qu'on dirait même que ça fait longtemps qu'on travaille au harnais. De son côté Khadija est moins crispée sur le harnais, plus détendue, ça y est elle me fait enfin confiance. Stéphane et elle parlent et Khadija lui dit qu'elle se sent prête à me recevoir en week-end chez elle. Ca y est, ça semble sérieux maintenant.
 Vendredi 18 janvier 2007:
Stéphane me conduit chez Khadija. A l'arrivée il lui laisse un sac de croquettes et elle lui pose tout un tas de question sur mon comportement, le poids de ma gamelle, mes habitudes pour les sorties caniveau... On fait un petit tour dans le quartier pour repérer les bons coins pour les besoins et c'est l'heure pour Stéphane de repartir. Moi je ne sais plus trop où j'en suis. D'abord une famille d'accueil, puis un éducateur et là une nouvelle maîtresse, sans compter tout ce que j'ai appris depuis que je suis revenu à l'école, ma tête de petit chien ne s'y retrouve plus trop. A 17h on va chercher les garçons à la crèche. Je reste dans l'entrée avec ma maîtresse et souvent les parents qui passent près de nous s'arrêtent et me montre à leurs enfants. La directrice de la crèche est là aussi, elle me caresse beaucoup et semble très contente de savoir que ma future maîtresse va avoir un chien-guide. Gaël, le plus petit des enfants de Khadija arrive dans les bras de son papa. Il veut à tout prix me caresser mais je recule, il m'intimide un peu ce petit bonhomme. Puis Alexy débouche dans le couloir et m'appelle, il est vraiment content de me revoir. Dans la rue, les enfants restent avec leur papa et moi avec Khadija, ouf, c'est mieux comme ça. A l'appartement, les enfants curieux de ma présence viennent vers moi mais je me méfie. Je ne les connais pas et je préfère apprendre à les connaître avant de me laisser papouiller par eux. Celui qui me suit partout c'est Gaël, il galope à 4 pattes derrière moi et croit que je joue avec lui quand je m'en vais à son approche. Mon comportement effraie un peu ma maîtresse qui stresse beaucoup du coup. Le lendemain, quand Stéphane appelle pour avoir des nouvelles, j'entends Khadija lui parler des ses craintes et lui dire qu'elle me ramènera à l'école le soir-même et qu'il faudra retravailler avec les enfants. Elle dit qu'elle ne veut pas s'engager dans une remise tant que je resterai méfiant à l'égard de ses enfants. Rien n'est plus sûr finalement, holala, dur dur tout ça!
 

Mercredi 23 janvier: Je reviens voir Khadija chez elle, accompagné cette fois par Stéphane et Monsieur Roméro. Alexy est là aussi et je m'approche de lui timidement. Stéphane et Monsieur Roméro décident de sortir un moment et me laissent seul avec mes futurs maîtres. Khadija m'incite à jouer, mais je n'ai pas envie. J'aime bien être là, j'aime bien Khadija aussi, mais je me sens désorienté. Je joue très mollement et je décide d'attendre le retour de Stéphane couché sur mon tapis. Khadija m'appelle sur tous les tons, gentiment, fermement, mais rien à faire, je ne veux pas jouer je veux rester là et observer, je veux qu'on me laisse le temps d'apprivoiser cette nouvelle famille. Quand Stéphane et son chef reviennent, Khadija lui explique mon comportement et j'entends Monsieur Roméro lui expliquer tout ce que je ressens, on dirait qu'il a lu dans mes pensées, enfin quelqu'un qui me comprend. La prochaine fois ça ira mieux lui dit-il, puis de mieux en mieux, puis vous finirez par pester tellement vos enfants et votre chien seront complices et feront de bêtises. Ma maîtresse comprend et demande simplement qu'on recule la date du stage de remise initialement prévu le 11 février. Au moment de partir, je ne sais plus si je dois suivre Stéphane ou rester avec Khadija, que c'est compliqué tout ça!
 

Mercredi 6 février :  Aujourd'hui je reviens chez Khadija mais elle ne le sait pas. Entre temps, comme elle hésite du fait de mon comportement envers ses enfants, elle va revoir un chien qu'elle avait essayé. De la voiture où je suis, je les vois qui tournent dans le pâté de maison mais elle ne semble pas convaincue. Monsieur Roméro lui annonce alors que je suis là et lui demande si elle veut me voir. Je la vois qui sourit, oui elle veut me voir, elle ne m'en veut pas tant que ça alors super! Je cours vers elle, et là, je lui fais une vraie fête, ça y est on se retrouve, on va peut-être continuer le travail commencé? Je l'espère! On monte chez elle, et je suis bien content de revoir ses garçons. Je vais vers eux, les léchouille discrètement, les renifle aussi Alexy surtout me plaît bien, il est doux et puis il a vraiment beaucoup de peluches! Je le suis partout pour le plus grand plaisir de Khadija. Je dois repartir pour l'école, mais je sais maintenant que la partie est gagnée. Khadija doit quand même confirmer son choix, Quel suspens!
 

La décision

Mercredi 13 février :  Ca y est, Khadija a confirmé! On continue le travail ensemble, elle viendra bientôt à l'école pour qu'on reprenne nos pré stages. Et je dois aussi repartir en week-end chez elle prochainement super! Quelle bonne semaine! Le lendemain 7 février, je décrocherai mon diplôme avec succès!
 

Samedi 23 février: Depuis que je sais que j'irai chez Khadija bientôt, je travaille dur. Chaque fois que je la revois, c'est une fête sans nom! Depuis hier je suis chez elle et ça se passe très bien. Je la suis partout et chaque fois qu'elle s'approche de moi je remue la queue. Je me suis bien habituée à elle, à sa voix, son odeur, et ses enfants qui courent toute la journée ne s'approchent de moi qu'avec leur papa ou leur maman histoire de me rassurer encore. C'est une famille que j'aime bien. Le week-end s'est très bien terminé. Je suis revenu à l'école le dimanche soir, j'étais quand même content de retrouver les copains et l'enclos. Vivement le week-end prochain!

*Belem est en fin d'éducation lorsque commence ce récit. Tant que la remise n'est pas effective, Belem accompagne sa maîtresse comme un chien de compagnie. Le travail au harnais ne se déroule qu'en présence d'un éducateur.


Mes débuts de chien guide avec Khadija....

La remise 

Ca y est c´est la remise! Pendant 2 semaines Khadija et moi allons travailler sous l´oeil vigilant de Stéphane.
Khadija va devoir assimiler tout ce que j´ai appris pendant mon éducation. Elle apprendra les mots que je comprends, les différentes façons de moduler sa voix selon ce qu´elle a à me dire, elle fera le tour de toutes mes connaissances mais aussi de mes limites.

Pour moi, cette période n´est pas toujours drôle, on refait tout ce que je sais déjà faire, il va falloir que je prouve que j´ai bien tout assimilé à savoir, repérer et marquer les lignes, les descentes et les escaliers, les sièges, le métro, le bus, mais également les obstacles en hauteur, les grilles au sol, le vide, le contournement de véhicules garées sur les trottoirs ou l´évitement d´objets encombrants, les différentes vitesses de marche en fonction des situations, sans oublier le travail de nuit!

Au bout d´une semaine et demie passée dans les environs de l´école, Khadija et moi avons de la même façon appréhendé ses trajets quotidiens, de son domicile vers son travail, la crèche, les commerces du coin...

 Ces 2 semaines sont éprouvantes, tant pour moi que pour ma maîtresse, les journées sont bien chargées, mais la remise du harnais en fin de stage officialisant ainsi mon statut de chien-guide est une victoire et la récompense de vrais efforts!

Mes parrains

Patricia, Khadija et Belem

Voilà un peu plus d´un mois que nous travaillons Khadija et moi, et aujourd´hui est un jour particulier. Avec la chargée de communication à l'école, nous rendons visite à une école dans le XVIIe arrondissement de Paris qui a largement contribué à mon parrainage. Dès mon entrée dans l´école, je remarque les mines réjouies et impressionnées des institutrices et des petits élèves qui nous reçoivent. La toute première fois que je suis venu ici, j´avais cinq mois, et j´étais encore en famille d´accueil chez Patricia.

Nous leur avions expliqué ce que je deviendrai quand je serai grand, et voilà qu´ils me voyaient devenu adulte, avec une maîtresse aveugle. Nous avons passé un très bon moment, les enfants ont posé beaucoup de questions et j´ai eu aussi des caresses et des câlins de la part de tous, un pur moment de bonheur partagé!

Aujourd´hui, c´est la porte ouverte de l´Ecole. J´ai un peu de mal à me concentrer, y´a des copains chiens partout! Je me rends sur le stand que Khadija avait en charge ce jour-là et j´étais tranquillement allongé sous la table à surveiller tout ce qui se faisait autour de moi, quand tout à coup, une voix familière interpelle ma maîtresse et demande si elle est bien la maîtresse de Belem. Cette voix, je la reconnaîtrais entre mille! Je sors de sous la table et là, c´est la fête, un vrai moment de joie, c´est Patricia, oui c´est bien elle! Pendant un long moment elle me papouille, elle me caresse, et moi, je lui témoigne toute l´affection possible, nos retrouvailles sont magnifiques, émouvantes. Pour me remettre de mes émotions, on décide d´aller au bois, histoire de me dégourdir les pattes et de me dépenser un peu. Pour la première fois, ma famille d´accueil et ma maîtresse étaient réunies pour moi, quelle fête!

Par la suite, j´ai revu Patricia le 28 septembre à l´occasion de la journée porte ouverte commune aux écoles de chiens guides affiliées à la Fédération des Associations de Chiens Guides et dès lors, une fois par mois, on se retrouve pour de belles balades en forêt de Chaville.

Aujourd'hui, Khadija et moi sommes allés nous promener à Chaville, mais là, c'était différent des autres fois.
 Tout d'abord, dès mon arrivée, je suis retourné dans l'appartement où j'étais quand j'étais un petit chiot. J'ai tout de suite reconnu les lieux, j'ai visité chaque recoin et j'ai même pu jouer avec une balle que Patricia avait gardée. J'étais heureux, mon petit monde était réuni autour de moi, Patricia, son mari, de la famille de Bretagne chez qui j'allais aussi avant d'entrer en éducation, et Khadija bien sûr! Tout le monde était avide de mots gentils et de caresses pour moi, ça a été un jour mémorable.

Dans la forêt, j'ai revu ma copine Beauty. Nos retrouvailles étaient d'abord timides mais au bout de quelques minutes, nous avons vite repris du poil de la bête et recommencé nos jeux là où nous les avions laissé il y a un an.
Ce soir-là, je n'ai pas bougé de mon tapis, fatigué mais sacrément heureux!

Promenade en forêt avec mes 2 maîtresses

Un an déjà que je suis chien-guide, que ça passe vite! Ca y est, Khadija et moi avons maintenant bien pris nos marques. Tout au long de cette année, nous avons appris à vivre ensemble et maintenant nous formons une belle équipe. Je sais que quand je suis seule avec elle nous pouvons avoir une démarche rapide, dès lors que les enfants sont là, je marche un peu plus lentement et regarde souvent derrière pour être sûr que tout le monde est bien là. Je fais bel et bien partie de la famille et ça c'est chouette!

 Tous les mois, je revois Patricia et au moins tous les 15 jours, je retrouve le cadre de l'école où je vais pour des moments de détente et de plaisir avec d'autres chiens-guides.

Des nouvelles de Belem

La rentrée scolaire

 Bonjour à tous.  Eh oui, ça faisait un moment que je n'avais pas donné de nouvelles; c'est de la faute de ma maîtresse bien sûr. Aujourd'hui c'est la rentrée scolaire. Après 2 mois de repos bien mérité, nous voilà donc repartis vers l'école. Nous, c'est ma maîtresse Khadija, ses deux enfants et moi bien sûr! Il y a fort à parier que cette année encore, je vais avoir droit à des milliers de caresses de la part des petits écoliers et j'adore ça. C'est ça aussi la vie de chien-guide. Mais c'est d'abord le boulot, il va falloir repérer les nouvelles classes, les bancs sur lesquels devront s'asseoir les enfants pour mettre leurs chaussons pendant que je resterai sagement couché dessous. Mais ça sera l'affaire d'une journée ou deux pas plus, ensuite ça sera comme ça toute l'année!

Le samedi c'est jour de détente!

La détente, c'est un service proposé par l'Ecole de chiens-guides de Paris qui nous permet de nous dégourdir les pattes dans le bois de Vincennes pendants que nos maîtres refont le monde au bras des bénévoles voyants qui les guident. Nous les toutous, on s'éclate: on court, on se baigne, on débusque les balles perdues et on se cherche les uns les autres gentiment. Pour faire râler nos maîtres, on adore s'ébrouer tout près d'eux quand on sort de l'eau...

Une expérience désagréable.

Aujourd'hui, il nous est arrivé une chose pas drôle du tout et toujours difficile à supporter. Je devais guider ma maîtresse sur un trajet connu mais nous devions auparavant prendre un véhicule sanitaire pour nous y rendre.

Belem avec son gilet de détente

Quelle n'a pas été la désagréable surprise d'apprendre que parce que je suis un chien, je n'ai pas le droit de monter dans ce genre de véhicule. On n'a pas pris en compte que j'étais guide!! Comme la voiture est venue nous chercher à domicile, Khadija a ouvert la maison, m'a demandé la mort dans l'âme d'aller à ma place et est repartie seule au bras du conducteur. Dès son retour à la maison elle a contacté l'Association nationale des maîtres de chiens-guides d'aveugles (ANMCGA) pour leur faire part de ce problème et avoir leurs conseils. En attendant que l'ANMCGA recherche les textes appropriés, elle a quand même rédigé un courrier à l'attention de la société d'ambulance pour rappeler la loi relative à l'accès des chiens guides et leur a demandé le texte sur lequel la société s'est appuyée pour me refuser l'accès. On attend toujours la réponse et si elle n'arrive pas ou qu'elle n'est pas satisfaisante, Khadija refera ce qu'elle a fait une fois contre un restaurant indien qui n'a pas voulu de moi pour les mêmes raisons, elle portera plainte. Alors si vos maîtres rencontrent le même genre de problème, il faut absolument qu'ils contactent l'ANMCGA au 01 43 03 12 12 pour que l'association les oriente au mieux et les soutienne dans leurs démarches.

Les enfants

Aujourd'hui, c'est le premier cours de judo des enfants. Cette année, ils font cela en plus de la musique et de la natation qu'ils pratiquaient déjà. Et moi, bah je vais partout avec eux. A la piscine, je reste sagement dans le vestiaire affecté aux personnes handicapées pendant que Khadija est dans les bassins avec ses enfants. Au judo, je reste sous le banc et j'attends là le retour des petits. Ma maîtresse pendant ce temps bouquine et les autres parents ont toujours en passant une gentillesse ou une caresse pour moi. Mais le mieux, c'est la musique. Pendant que les enfants travaillent, je cours dans un parc situé juste en face. Une heure rien que pour moi, tranquille avec ma maîtresse qui joue à la balle ou à la corde avec moi ou qui papote pendant que je grignote des bâtons pas trop loin. Khadija dit toujours qu'elle en fait plus depuis qu'elle a un chien-guide, que ça la pousse à sortir notamment pour emmener ses enfants ici ou là. Depuis 2 ans elle participe à la campagne d'information sur le chien-guide de la fédération.
la campagne 2011 est à voir sur ce lien: www.gagnezenautonomie.fr

Accompagner maîtresse.

Aujourd'hui, je vais au Service d'aide à la parentalité des personnes handicapées à Paris. Je prends donc le train puis le métro. Bien sûr Khadija m'a dans nos premiers trajets donné les ordres directionnels. Au fur et à mesure je les ai retenus et souvent même je la précède. Sauf que, quand on passe le ticket, j'ai bien retenu qu'en allant tout de suite à gauche, on prend cette ligne pour aller à la détente donc je me place toujours... au cas où... et quand ce n'est pas le cas, je me résigne et j'avance. Le chemin pour aller à la détente, c'est bien sûr un trajet qui me plaît beaucoup, mais heureusement il y a d'autres endroits chaleureux. Le SAPPH en est un. Ici, je ne croise pas toujours de chiens-guides mais ma maîtresse y retrouve toujours des copains et copines, ça c'est sûr! Et pendant qu'elle échange avec d'autres parents, soit je reste sagement couché à ses pieds, soit je vais dans le bureau des secrétaires où on me câline toujours, ou bien encore je passe le temps avec mon copain Gilles, un monsieur très gentil qui dit toujours de moi que je suis une crème.
Y'a pas mieux que guide comme boulot de chien, c'est moi qui vous le dit!

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